Extrait du site: http://www.autonomie.org
...Le néolibéralisme favorise un terrible saut en arrière, une remise en cause généralisée
des acquis sociaux. Ce phénomène s'apparente à une révolution en cela qu'il s'apprête à déposséder les peuples d'un certain nombre de leurs biens, de leurs
avancées, sous couvert d'une nécessaire adaptation à un marché mondialisé, forcément impitoyable. Lentement mais sûrement les
gouvernements sont privés de leurs prérogatives, et se voient dicter leur conduite par les interprètes du marché mondial :
s'il n'y a aucun renversement de régime, c'est parce que la révolution conservatrice prend une forme beaucoup plus subtile de prise de pouvoir : elle procède par petites touches et opère par
substitution ; elle conduit les gouvernements à abandonner leur sort à des instances internationales, en apparence apolitiques, et
incontrôlables.
Au sein du pays, la meilleure preuve de l'efficacité de cette révolution est la culpabilité sans cesse grandissante des fonctionnaires, qui n'osent plus pour une grande part défendre leur statut, comme gagnés par une mauvaise conscience, le sentiment d'être des "privilégiés". Voilà la victoire du néolibéralisme : faire passer la défense des acquis sociaux pour un odieux corporatisme, là où il n'y a que souci de conditions de travail acceptables. Il convient donc de renverser la tendance, de refuser la division et de réaffirmer que défendre des acquis sociaux, c'est défendre le bien commun, et donc une certaine idée de l'universel.
Dans la rhétorique militante (bourdieusienne par exemple), il s'agit donc d'oeuvrer pour une
contre-révolution. Cela ne doit pas nous aveugler : oui, défendre un certain niveau de protection social est peut-être une forme de conservatisme, mais seulement en apparence, puisqu'il
s'agit d'en étendre les acquis à toute la société, et plus largement encore à toutes les sociétés, quelles qu'elles soient (européennes, américaines, asiatiques, etc.).
En somme, cette contre-révolution serait une forme de conservatisme progressiste, avec le souci d'étendre notre modèle social, là où le néolibéralisme propose une révolution conservatrice (une
véritable réaction), et donc de procéder à un retour en arrière encore plus terrifiant, à une nouvelle forme d'exploitation, cette fois sans
limites.
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